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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:35

rayon_de_soleil_ok.jpgDécidément les vendredis sont importants chez nous en ce moment. Même lendemain de jour férié et veille de week-end, nous n'avons pas dérogé à notre règle quasi hebdomadaire depuis plus d'un mois de voir des médecins. Cette journée calme nous a beaucoup arrangée puisque nous devions nous rendre dans un hôpital éloigné de notre domicile, pas facile d'accès en heure de pointe car il nous faut traverser tout Marseille (Je pense que seule Barbidou me suit). Nous avions rendez-vous à 8h30, nous sommes partis à 7h30 de la maison, Circulation très fluide, nous sommes arrivés avec 20 minutes d'avance. Le temps de se faire inscrire à l'accueil, nous étions à 8h15 au bureau des infirmières du centre de médecine foetale.

Nous avons d'abord été reçus par une sage femme et son étudiante sage femme. C'est la première fois que j'étais face à des sages femmes, ces femmes qui aident les enfants à naître. Je me suis retrouvée très vulnérable et à la fois tellement entourée par ces deux femmes aux regards doux. La sage femme a récapitulé mon dossier, bien qu'elle connaissait notre cas car elle était au staff lorsque notre dossier y a été présenté. Elle a préparé les infos importantes dont pouvaient avoir besoin le Professeur que nous nous apprétions à rencontrer. J'ai pleuré, j'en ai soudainement eu marre de raconter mon histoire. L'impression que ce cauchemar ne cessera jamais. L'Homme prend le relai pour parler. L'entretien terminé, on retourne en salle d'attente, je me calme dans les bras de mon chéri.

On se demande pourquoi les médecins ne sont jamais à l'heure, j'ai une partie de la réponse; ils ne commencent pas leur rdv à l'heure! Nous avons été reçu à 9h (RDV à 8h30)... le timing est déjà entamé... Trève de plaisanterie, il nous a fait reparler de l'infertilité, de l'endométriose, de notre attente de 2 ans avant d'avoir cette grossesse, que l'on précise spontanée. On arrive à la deuxième écho, à l'angoisse, aux examens ne révélant rien d'anormal, à la sonnette d'alarme et à notre souhait d'IMG au vue des résultats et des pronostics. Il me fait ensuite une écho (sous l'oeil de 2 élèves sages femmes, ça faisait beaucoup de paire d'yeux sur les écrans). Je ne pensais pas pouvoir le dire un jour et je m'en excuse par avance auprès de celles qui aimeraient en avoir ; j'en ai ras le bol des échos! Finalement ce n'est pas tant les échos en elles même mais l'angoisse qui règne autour. J'ai peur quand j'entends le son qui s'échappe de la machine quand ils mesurent les dopplers. L'écho a duré plus de 30 minutes. Puis il a pris du temps pour debriefer avec nous.

Il nous a beaucoup rassuré. La petite citrouille poursuit sa croissance même si celle si est proche du 3ème percentile. Il n'a pas imprimé les courbes avec la nouvelle position de "la croix du jour" pour indiquer la croissance, je ne peux donc pas vous montrer, mais je peux indiquer les périmètres principaux :

  • Périmètre crânien : 240,8 mm (10e percentile)
  • Périmètre abdominal : 209,5 mm (16e percentile)
  • Longueur fémorale : 46,1 mm (<5e percentile)
  • Diamètre bipariétal : 66,3 mm (10e percentile)
  • Poids estimé : 824g (+/- 15%)
    Poke à Mymou : La tite soeur doit faire figure de géant à côté de la petite citrouille :-) 

Il a indiqué qu'il ne voyait pas d'anomalie. Nous avons beaucoup parlé de ce qui nous inquiétait et dont je me suis déjà longuement épanchée ici. Le "retard" pris ne signifie pas que la croissance a été mise sur pause à un moment, qu'elle a repris ensuite et que le temps "manquant" a créé des manques chez le bébé. Non. Le bébé n'a pas "zappé" certain point de sa croissance. Je vous le résume grossièrement, je serai plus à même d'en parler calmement dans quelques jours.

Avant de rencontrer le pédiatre, l'élève sage femme, sous la demande du Professeur, me fait une prise de sang pour mesurer d'éventuels problèmes de tension (c'est un nom technique que j'ai oublié, si quelqu'un le sait, je rectifierai avec plaisir). J'aurais les résultats par téléphone, lundi soir.

Est arrivé ensuite la rencontre avec le pédiatre de néo-natologie, que j'attendais avec impatience. Est entrée une jeune femme, très jolie, très souriante (l'Homme a remarqué qu'elle avait la même alliance que moi, on ne pouvait que l'aimer!). Elle nous a fait répéter ce que nous a dit le Professeur pour s'assurer que nous ayions bien compris ce qu'il nous avait expliqué. Chose que nous avons faite. De son coté elle a expliqué que les semaines qui s'étaient écoulées entre l'écho qui a diagnostiqué le RCIU à 22 SA et celle d'aujourd'hui (à 28 SA), avaient été décisives pour le bébé. En effet, il s'agit de semaines très importantes pour le développement. Cela lui a profité puisqu'il a pris du poids, a grandi même s'il suit sa propre courbe. Elle nous a expliqué que parfois les bébés pouvaient être en souffrance dans l'utérus, que l'équipe médicale était alors amenée à prendre la décision de l'extraire. Cela aurait été catastrophqiue voire fatale à 24 ou 25 SA mais aujourd'hui à 28 SA et environ 800g, c'était déjà plus envisageable. Evidemment, tant que le bébé s'y plait, le meilleur endroit pour lui est mon ventre. Au plus de temps elle y passera, au plus on diminuera les risques liés à la prématurité. La pédiatre nous a tenu un discours rassurant mais réaliste, elle a dressé un portrait du plus sombre (sortie du bébé aujourd'hui et la prise en charge nécessaire) au plus clair dans le cas où la grossesse irait jusqu'à 37 SA avec un poids estimé autour de 2,5 kg. (Pour info, je pesais 2,7 kg à la naissance). 
A la question des conséquences à long terme, elle nous a expliqué que de nombreux enfants, anciens bébés RCIU et prématurés, étaient suivis jusqu'à leur entrée au CP. Certains ont besoin de coup de pouce plus ou moins sérieux pour l'acquisition du graphisme par exemple, d'autres rien. Mais cela peut tout autant être lié à la prématurité qu'au RCIU. Le recul est conséquent, les premiers patients suivis sont aujourd'hui adultes. On sait que cette population comporte plus de risque de développer des soucis, elle est donc plus suivie. Le RCIU ne sera plus vraiment un souci dans le cas où la grossesse arrive à 37 SA.

Elle nous a reparlé du bébé comme "votre fille" et rien que cela, nous qui nous préparions à faire le deuil de cette puce, ce que ça fait du bien!

Elle a parlé à demi mot d'hospitalisation avant l'accouchement pour assurer un suivi rapproché. Je sens bien venir le coup que je vais passer les fêtes à l'hôpital... mais qu'importe si j'en arrive là c'est que la petite citrouille sera presque sortie d'affaire, à Noël, je serai à 36 SA!

Une belle dose d'optimisme qui nous a été insuflée, ça fait du bien. Maintenant il faut croire en cette petite crevette, que sa croissance se poursuive encore, qu'elle reste au chaud le plus longtemps possible. J'avoue que je suis sur un petit nuage, je plane, on est comme des petits fous, de nouveau optistes face à ce ventre rond qui nous inquiétait jusqu'à présent. Espérons que la crevette poursuive sa croissance, qu'elle continue à grandir et à grossir. Je refais une écho dans 2 semaines et demie. 

Merci à vous toutes qui m'avez envoyées des prières, des voeux, des pensées que sais-je. J'ai envie de croire que ça l'a aidée! 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:38

Vous êtes des supers copinautes de prendre de mes nouvelles régulièrement, de m'envoyer des emails pour certaines, des SMS pour d'autres. Merci, ça me fait du bien. A défaut de réponse toujours personnalisée, je vais essayer de rédiger un article qui explique le méandre présent en moi depuis mon dernier post.

Je ne peux pas dire que je vais mal, je suis comme en "pause", en attente de nos rendez vous avec le grand ponte et les pédiatres vendredi matin. 
Que vont-ils nous dire?
Mesurent-t-ils que nous préférons une phrase telle que "la médecine a ses limites, je ne peux pas répondre à cette question madame" plutôt qu'une réponse évasive qui entraine des heures de réflexion ensuite. Une réponse évasive entraine l'incompréhension, l'espoir, le désespoir et cela en moins d'une heure.
Peut-on imaginer qu'on me dise que la petite citrouille a quelques semaines de retard dans sa croissance mais que la grossesse peut suivre son cours et qu'elle naitra plus faible et plus petite que d'autres bébés? Quel dommage ce retard laissera-t-il? 

Ce n'est pas comme ça qu'une grossesse devrait être vécue. Même si cette histoire a une infime chance d'aller jusqu'au bout avec une fin heureuse, j'aurais vécu les pires semaines d'angoisse de ma vie. A aucun moment je ne suis sereine, apaisée, heureuse, comme devraient l'être une future maman. Mon avenir, le sien est tellement incertain, je marche sur des oeufs chaque jour. Je guette chaque mouvement sous mon nombril. J'ai peur qu'elle meurre.

Je trouve petit à petit des informations à propos du RCIU sur le net. Je ferai un article où je réunirais ce que j'ai pu trouver car cela n'est pas simple. Peut être que ça pourra servir à d'autres. J'écrirais cela après le rdv avec le grand ponte, sans doute a-t-il des informations qui ont le mérite d'être partagées.

Je sais que chaque cas est unique. Je sais que la succession d'examens réalisés ont permis d'écarter plusieurs pistes :

  • Amniocentèse (malgré peu de liquide amniotique) : CMV négatif, parlovirus négatif, caryotype normal (aucune anomalie génétique trouvée parmi T13, T18 et T21 ainsi que 4P-
  • Les dopplers sont bons sur chacune des échos faite à ce jour (5 depuis le 10 septembre)
  • Le liquide amniotique apparaissait en faible quantité début octobre semble maintenant revenu à une moyenne qui ne semble plus inquiéter les médecins

Voilà autant d'informations qui viennent se bousculer dans ma tête, je tourne et retourne le problème dans tous les sens sans savoir quel sera l'issue de tout cela. J'ai écrit à une maman qui semblait être un cas clinique quasi identique au mien. Elle m'a répondu par un email poignant qui a du lui demander beaucoup d'effort. Son bébé est mort in utero à 30SA malgré une amnio et des dopplers normaux. L'autopsie s'est révélée "normale" également. 
J'ai cherché les conséquences à long terme pour les bébés nés avec un RCIU précoce et sévère, comme la petite citrouille. Beaucoup ont des difficultés d'ordre moteurs (difficulté à acquérir la marche, la parole, à réaliser des gestes précis comme déboucher une bouteille ou mettre une clé dans une serrure), viennent ensuite les maladies une fois adultes (diabète, maladie vasculaire) sans compter les répercussions dû aux hormones de croissance (tous ces enfants ne récupèrent pas une taille dite normale) ainsi que sur la génération suivante.

Jamais je ne pensais devoir me pencher sur des considérations comme celles-ci... Voilà pourquoi j'attends avec impatience la rencontre avec les pédiatres. Je veux leur poser des questions précises et entendre leurs réponses.

 

Mon Homme se rétablit plutôt bien physiquement. Je le conduis chaque jour à la clinique où il a été opéré pour que son pansement soit changé. La plaie est belle selon l'infirmier qui s'occupe de lui. Il a arrêté les anti douleurs et peut, de nouveau, conduire sans danger. Il a du mal à remonter la pente psychiquement parlant. Il vient parfois vers moi, les yeux embués de larmes, se blottit contre moi comme un enfant (bien qu'il soit plus grand que moi) et pleure à chaudes larmes. Il a besoin d'évacuer. Il a peur de ce qui va se passer par la suite. L'attente est trop longue et douloureuse pour lui aussi.

Trop de questions sans réponse. La peur de se tromper, indéniablement...

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 16:18

L'Homme est finalement sorti de l'hôpital à temps pour arriver à la fin du rendez-vous avec le docteur R. Celui ci a du écourter notre consultation car il était appelé pour un accouchement. il nous a cependant proposé de le rejoindre à l'hôpital où il devait aller pour nous permettre de discuter de l'écho tranquillement ensuite. 
L'Homme était exténué et tout logiquement agacé. Nous avons attendu et avons été reçu à plus de 20h par le docteur R. et la généticienne. Rien de plus, rien de nouveau ne ressort ni de la nouvelle écho, ni de cet entretien.

Voici qui sera plus parlant, les courbes de croissance du bébé :

photo-78-copie-1.jpg

Tout reste bien en bas des courbes.
Les deux médecins savent nous dire que le staff n'acceptera pas notre demande d'interruption alors que dans le même temps ils sont incapables de nous dire quoi que ce soit quant à l'avenir de ce bébé...

Après une longue discussion avec l'Homme, je suis revenue à la raison. Mon espoir était humain mais je ne peux me résoudre à mettre au monde un enfant qui aura sans doute des séquelles de ce retard de croissance. Face à de telles inconnues, nous n'envisageons qu'une solution : l'IMG. Même si la décision de mettre fin à cette grossesse est une décision extrêmement difficile aujourd'hui, ne pas la prendre et avoir un enfant handicapé le serait tout autant à nos yeux.

Nous avons donc choisi de rédiger un courrier aux deux médecins vus hier soir. Courrier que j'ai envie de partager avec vous :

Docteur (généticienne), Docteur R.,
 
Nous avons pris le temps d’avoir une importante discussion sur le sujet qui nous préoccupe depuis plusieurs semaines, et que vous connaissez bien. Nous avions naturellement eu beaucoup de discussions sur le même sujet auparavant, mais nous avons pris le temps de rassembler nos idées, les informations délivrées par les médecins et par les différents examens passés.
Ce courrier vise à formaliser nos intentions. Pour nous, tout d’abord, car nous avions besoin de « figer » nos intentions, de les mettre à plat, et de les écrire. Pour vous, ensuite, car nos RDV sont relativement traumatisants, tant le sujet est délicat, et il nous est difficile d’avoir la répartie nécessaire sur le moment.
Le fruit de notre réflexion est que notre décision ne doit plus être influencée par l’avis des pédiatres que nous rencontrerons, ou par les prochaines échographies, ou par l’avis du Docteur (grand ponte de l'obstétrique). La médecine est, face à notre situation, incapable de nous donner des garanties sur l’avenir de ce fœtus. Nous sommes contraints de faire avec des statistiques et des pronostics, et ces derniers ne sont indéniablement pas bons.
Nous sommes face à un retard de croissance qui est apparu à la 22ème SA, ce qui est très tôt. De façon tout à fait logique, la médecine ignore si ce retard accumulé entrainera des séquelles pour cet enfant, et ce peu importe l’évolution des prochaines semaines. Bien que nous ne fassions pas partie du corps médical, nous savons pertinemment que nos chances d’avoir un enfant en pleine santé et sans aucune séquelle sont moins bonnes que pour une grossesse qui se serait déroulée normalement. Ceci est un fait.

Devant ce fait, nous prenons la lourde décision de mettre fin à cette grossesse.

La question n’est pas de savoir si le fœtus va survivre, mais si cet enfant aura des séquelles. Personne n’a la réponse à cette question. La seule certitude que nous avons, c’est que nos chances sont moindres que pour une grossesse dite normale.
Nous ne sommes pas « joueurs ». Nous ne voulons et ne pouvons pas assumer un enfant qui aurait une quelconque séquelle physique ou intellectuelle.
Nous comprenons que, pour le comité d’éthique, prendre la responsabilité d’une telle décision n’est pas simple. Mais vous devez comprendre que nous imposer la responsabilité d’élever un enfant avec une séquelle quelconque est beaucoup plus lourde. C’est un traumatisme, une punition, un fardeau qui ne cessera qu’à notre propre décès. C’est une situation que nous n’acceptons pas.
Je m’autorise à prendre un exemple, une sorte de métaphore, qui vous permettra de mieux comprendre notre situation :
Imaginez un couple au bord de la faillite, sans revenu, n’ayant plus que 1000 euros d’économie. Ce couple décide de jouer ces 1000 euros au casino, mais souhaite avant tout prendre l’avis du Directeur de l’établissement. Celui-ci reste très prudent dans son jugement : bien sûr, il a vu des personnes dans une situation similaire, repartir avec une véritable cagnotte. Naturellement, il ne peut occulter le fait qu’il y a un risque de perdre le peu d’économie qu’il reste à ces pauvres gens.
Aujourd’hui, nous sommes ce couple, le fœtus est la cagnotte mise en jeu, le corps médical le Directeur du casino.
Nous refusons de jouer à ce jeu pervers, qui consiste à préserver la conscience professionnelle des uns pour mettre les autres devant une situation de non retour. Nous pouvons, tant que cette grossesse est en cours, faire marche arrière, mais nous ne pourrons plus le faire une fois la naissance effectuée.
 
Nous souhaitons donc avoir recours à une IMG, que ce soit avec l’accord de ce staff, celui d’un autre établissement, ou celui d’un autre pays. Nous sommes aujourd’hui prêt à étudier toutes les solutions, y compris les plus difficiles comme la non reconnaissance de cet enfant si la grossesse devait arriver à son terme.
Il s’agit de notre décision en tant que futurs parents. Nous trouvons révoltant que le corps médical puisse interférer dans notre décision, qui résulte elle-même des examens prescrits par ce dernier !
Pourquoi avoir fait 5 échographies montrant la même tendance pour ne pas en tenir compte ? Pourquoi faire des courbes de croissances, si nous n’en tirons aucune conclusion ? Pourquoi suivre une grossesse si finalement le comité d’éthique laisse le hasard ou le destin décider de la bonne santé (nous entendons pas là sans aucune séquelle) de cet enfant ?
 
Nous n’avons pas encore rencontré le Docteur (grand ponte de l'obstétrique) et les pédiatres du Comité d’Ethique. Ce RDV est programmé pour le vendredi 2 novembre. Nous vous autorisons à leurs communiquer ce courrier avant notre RDV. Ce courrier nous servira fatalement de trame pour nos futurs entretiens médicaux.
Nous avons suffisamment attendu et souhaitons mettre fin cette situation qui s’apparente à un acharnement médical et plus que difficile à vivre psychologiquement parlant. Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez échanger de vive voix avec nous.
 
 En vous remerciant d’avance pour l’attention que vous accorderez à cette lecture et à notre dossier, nous vous prions d’accepter, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.


Comme indiqué dans le courrier, cela nous a fait du bien de tout poser à plat, de voir nos idées couchées sur du papier, noir sur blanc.

Je ne sais pas combien de temps je devrais vivre avec ce petit être en moi, vivre une grossesse sachant qu'elle n'ira pas au bout, et l'impression surtout de devoir se battre pour faire accepter notre décision.

PS: j'en ai peu fait mention mais l'Homme va mieux même si le "trou" dans sa jambe est impressionnant. Le chirurgien a enlevé l'équivalent d'une grosse prune d'infection... je vous laisse imaginer le travail de cicatrisation et le temps que cela va prendre. Même s'il dort mal (et moi aussi par la même occasion), il souffre beaucoup moins qu'avant son entrée à l'hôpital. Toujours est-il qu'il a retrouvé son sourire et moi mon mari! Nous n'avions pas besoin de cela en ce moment...

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 10:55

Il y a des moments dans la vie où rien ne tourne rond. En plus de notre slalom médical pour notre petite citrouille, c'est l'Homme désormais qui s'y frotte.

Depuis ce week-end il était mal en point; un bouton sur la cuisse qui s'est rapidement transformé, devenant, avec l'aide d'un vilain germe, une blessure impressionnante. Baladé de généraliste en dermato, avec des antibiotiques nous avons été rassuré quand il s'est laissé dire "que ça allait se résorber rapidement avec les médicaments". Ni tenant plus et fatigué de douleur avec plusieurs nuits sans sommeil, il a finalement été reçu, grâce à des connaissances personnelles par un chirurgien qui a décidé de l'opérer en urgence. Selon lui, jamais ça n'aurait du en arriver là, qu'il aurait dû être pris en charge plus tôt (pourtant il n'est pas resté passif, il a vu plusieurs médecins et est même allé aux urgences dimanche).

L'opération s'est bien passée mais c'est d'une ampleur importante; un trou dans la jambe pour enlever et résorber l'infection. La réussite de l'opération réside dans la suite; les pansements à refaire avec grand soin chaque jour pour éviter une sur-infection et permettre une cicatrisation en douceur. Cela se fera à l'hôpital, sous anesthésie locale ou générale selon comment il tolère la douleur.

Cette nuit il est resté à l'hôpital, moi je suis rentrée, toute seule dans notre grand appartement. J'étais tranquilisée qu'il soit sous surveillance médicale après son opération. Aujourd'hui il repasse au bloc pour changer le pansement et sans doute pour recureter si nécessaire. Selon l'heure à laquelle il passe, il sortira cet après midi ou demain. Selon, il sera là ou non ce soir pour assister à l'échographie décisive. Son soutien et sa main dans la mienne vont me manquer mais je vais ouvrir grand mes oreilles pour tout enregistrer et lui expliquer ensuite.
La soeur de l'Homme m'accompagnera sans doute, au moins pour faciliter mon retour en voiture. Selon ce que va dire le Docteur R. je ne serai pas forcément très alerte pour conduire prudemment. Ça me rassure qu'elle soit là si l'Homme n'est pas sorti.

Il paraît que la roue tourne toujours...espérons que cela arrive vite parce que je trouve que ça fait quand même beaucoup là.

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 09:15

picasso-femme-allaitante2-232x300.jpgJ'ai fait un rêve bizarre cette nuit. J'ai rêvé que "j'aidais" ce qui dans mon rêve était une amie, ou quelqu'un de proche en tout cas, pour son bébé. Elle était faible, allitée, incapable de le nourrir, j'ai donc eu l'idée de lui donner mon sein. Le bébé était tout petit mais il me regardait avec ses grands yeux tristes. Il semblait soulagé et têtait goulûment. C'était beau! 

Je suis pas spécialement pour ou contre l'allaitement mais j'avais plus ou moins déjà décidé que je donnerai le biberon à mon bébé. Peut être que la volonté de Sophia d'accompagner son petit bonhomme en lui donnant son lait, m'a fait réfléchir. 

Il est clair que si la petite citrouille vient à grossir assez, à naître prématurée, il me paraitrait la moindre des choses de lui offrir mon lait. J'aurais l'impression de lui être utile, autant que j'aurais dû l'être si elle était restée au chaud dans mon ventre pendant quelques semaines encore.

A mon réveil, j'étais émue de cette aventure "virtuelle". J'ai eu l'impression de vivre un moment extraordinaire. Le tee shirt qui m'a servi de pyjama avait des traces au niveau des seins, du liquide sécrété. Un voeux?

 

Illustration : Pablo Picasso - Maternité

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 15:05

couple-amoureux-4131257cdscj 2041Amour et souffrance sont deux notions qui vont souvent ensemble.

Quand on commence à aimer l'autre, on débute une situation où l'on devient vulnérable, dépendent de l'autre, de ses attentions, de son regard envers nous. Une petite attention de l'être aimé peut éclairer la journée, autant qu'elle peut l'assombrir s'il manque un regard. A chaque instant on se prépare à souffrir; perdre l'autre quelle qu'en soit la raison est une des raisons de la souffrance. L'amour est une prise de risque. L'amour est un engagement de soi vers l'autre.
Quoi qu'il advienne de l'amour, on prend parfois le pari de vivre au jour le jour, de profiter de l'instant présent, sans penser à demain.

Jusqu'à présent l'amour d'un homme, et a fortiori de mon Homme, était la seule situation qui me permettait de comprendre ces mots. Aujourd'hui, la presque présence de ce petit être en moi m'incite à cette prise de risque. J'ai voulu me forger une carapace en oubliant mon état, en voulant l'oculter.
Mon ventre prend de plus en plus de place, peut être que petite citrouille grandit et trouve sa place. J'ai envie de me mettre en danger, d'être vulnérable en croyant à la plus belle des issues pour cette histoire. Quel qu'en soit la fin, j'ai envie de profiter de cette grossesse. Elle m'appartient, j'ai le droit et même le devoir de la vivre. Quite à tomber de haut en devant y mettre fin ensuite.
A moi de prendre le risque d'être malheureuse parce que j'aime déjà ce petit être. A moi de vivre au jour le jour, de profiter de ses coups, d'enregistrer les émotions que cela procure chez moi.

Si Aimer c'est souffrir, alors je prend le risque. Je veux croire que ma petite citrouille va grandir, rattrapper, ne serait-ce qu'un petit peu son retard de croissance. J'ai peur de trop y croire, de me lancer à corps perdu dans cet espoir. J'ai peur de tomber de haut.
Mais je le fais... je n'aurais rien à regretter.

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:14

Ce n'est pas une grande surprise en soi car on nous y avait préparé: refus de la commission.
Selon eux le décrochage dans la courbe de croissance n'est visible que lors de la dernière écho. Il faut donc faire l'écho prévue jeudi prochain et voir comment cela évolue.

2 cas possibles :

  • le décrochage se poursuit et la commission n'aura plus de doute et autorisera l'IMG
  • la courbe remonte et nous serons, l'Homme et moi face à un dilemme. Il nous faudra savoir faire la part des choses dans le discours des pédiatres qui tenteront de nous donner un pronostic. 

La généticienne a réalisé le caryotype du fœtus; il est normal.

Suite au prochain épisode. Jeudi soir, dans le cabinet du Docteur R. avec une nouvelle échographie...

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:25

Aujourd'hui c'est vendredi.
Les vendredis ont une grande importance chez moi en ce moment. Aujourd'hui, à l'heure du déjeuner plusieurs médecins vont se réunir dans une salle, un sandwich sous le bras pour étudier notre dossier. Nous serons qualifiés de "Primipare, 24+ 5 (à la dernière écho), RCIU précoce, oligoamnios...". Ils se pencheront sur notre cas. Ils vont étudier si leur éthique peut autoriser l'IMG alors qu'on ne sait visiblement toujours pas d'où vient ce retard de croissance. En cas de doute trop important, de non entente encore les médecins, l'interruption ne sera pas autorisée.
Comment ne pas voir le verre à moitié plein si les médecins doutent du bien fondé d'une interruption?

J'ai hâte de connaître le résultat.

J'ai l'impression que mon ventre a grossi cette semaine. Je ne peux m'empêcher de prendtre quelques minutes le soir pour poser les mains sur mon ventre. Je ne peux m'imaginer un bébé malade quand il vient donner des coups, pile à l'endroit où ma main doit lui produire de la chaleur. Indéniablement mon coeur se serre. Quand l'Homme n'est pas à côté de moi, parfois je pleure, quand il est là, je le regarde, il me sourit et ça va mieux. Je sais que LUI est là, et que tant que c'est comme ça, je saurais faire face.

Nous voyons la généticienne (présente au staff) à 15h, elle pourra nous dire directement quel est l'avis de la commission. Qui a dit quoi et nous expliquer. 

http://downsea.unblog.fr/files/2009/09/132asandwich.jpgUn remue ménage de pensées, tenues en haleine par un groupe de médecins dont la décision peut aussi dépendre du goût de leur sandwich... 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 11:00

Durant toute l'attente qu'a duré nos essais bébé, je ne me projettais que très peu enceinte. J'avais l'impression qu'il s'agissait là d'un point diffcilement atteignable. Après l'attente est venue l'opération qui a permis de m'enlever l'endométriose. Puis est apparue cette grossesse "surprise" bien qu'attendue. J'étais persuadée que ce cadeau était trop beau, qu'il n'était pas pour moi, qu'on allait me le retirer. Passés les 3 premiers mois, j'ai soufflé un petit peu. Les principaux risques de fausse couche étaient éliminés. Puis est arrivée la seconde écho. Nous apprenons le sexe du bébé et on nous annonce qu'il s'agit là d'un petit bébé, qu'il faut surveiller sa croissance. Sans plus nous inquiéter. 15 jours se sont écoulés avant de poser des mots sur ce souci : Retard de croissance intra interin précoce.
Ces 15 jours ont été les seuls 15 jours de ma grossesse où j'ai été sereine, bébé était surveillé, bien que petit, il allait grandir, je pouvais commencer à me détendre et à apprécier mon état. 15 jours durant lesquels j'ai pu imaginer ma vie avec un enfant. 15 jours durant lesquels j'en parlais avec plaisir, sans arrières pensées négatives.

Cela a été de courte durée mais assez pour me faire dire "juste au moment où je commençais à y croire vraiment". 

La suite dira comment je pourrais appréhender une autre histoire, si j'aurais raison de le faire, dans combien de temps. C'est trop tôt pour y penser et ça me fait peur d'y penser. Je sais que la "reum" du blog de bébé a su rebondir après un drame, c'est donc possible mais sous combien de temps, a-t-elle vécu sa deuxième grossesse différement, assez sereinement pour elle? Je suis en ettente de ses réponses mais je sais que les questions sont sans doute précoces...

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 10:18

105774219Pas beaucoup de mouvement par ici et un moral en dent de scie, ou plus exactement en accord avec le soleil. Le matin je suis optimiste, je vois la vie du bon côté, une belle journée s'annonce, je vais me mettre au travail, me noyer dedans même pour éviter de cogiter. A midi, le constat côté pro est souvent peu probant mais je me dis que j'ai tout l'après midi pour faire ce que je voulais faire. Une sieste de quelques minutes plus tard, j'ai beaucoup de mal à me remettre au travail. Je traine, j'ai du mal à me concentrer, à avoir une démarche pro-active. Comme dans beaucoup de boulot, on ne m'attend pas, c'est à moi d'aller chercher le travail et d'être motivée, d'avoir la niak pour que ça marche. Et puis le soir arrive, je réalise qu'en plus d'une journée perdue, je suis en train de ruiner mon mois d'octobre, que les sous ne vont pas tomber du ciel, que je suis bonne à rien. A la tombée de la nuit, je suis triste, je pense à ce qu'aurait du être notre vie avec un bébé, dans les mois à venir. Je ressasse.

La psychiatre que nous avons rencontrée lundi nous a expliqué qu'il ne fallait pas aller trop vite dans la démarche d'interruption de grossesse. Certes depuis l'annonce du Docteur R., j'ai intégré la nouvelle. Mais chaque étape est destinée à éliminer tous les doutes possibles quant à la santé du bébé. Doutes qui pourraient ressurgir dans quelques semaines ou quelques mois si je ne suis pas sûre d'avoir eu toutes les informations nécessaires à ma prise de décision. Cette attente est aussi destinée à ce que la nouvelle soit intégrée intellectuellement. L'interruption en elle même fait partie du travail psychologique nécessaire.
Ça m'a aidé d'entendre ces mots. Peut être que je suis allée trop vite, en voulant me sentir plus enceinte très rapidement, finir cette histoire au plus vite afin de pouvoir la cloturer. Mais finalement, je suis sur le mauvais chemin. Il me faut prendre le temps. Chaque jour qui passe me permet d'accepter la future séparation avec ce bébé en devenir. L'interruption de la grossesse permettra de finaliser cette étape. La suivante sera la reconstruction et l'appréhension de l'avenir.

Nous n'avons pas eu de coup de fil de la généticienne, elle n'a donc pas du (ou pu) présenter notre dossier à la première commission, hier. Ce n'est que partie remise pour vendredi midi. Nous la voyons à 15h afin qu'elle nous explique ce qui a été dit.

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Published by magicitrouille-devient-magicmaman - dans Mois 6 citrouillesque
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